Images des Juifs à Vézelay : entre condamnation et conversion

Autor/innen

  • Viviane Huys Membre associé du CeReS (Centre de Recherches Sémiotiques), Université de Limoges.

DOI:

https://doi.org/10.57871/fkw5420136

Abstract

The status granted to the Jews is one of the most important issues in the iconographic program of the ancient abbey church Sainte-Marie-Madeleine to Vézelay. This paper shows that, in a singular way, the sculptured images at this abbey stage a redeeming conception of the people of Israel in the same way as they do of all those considered to be unfaithful in early twelfth-century Western Christianity. Indeed, it is the Western conception of Otherness that turns non-Christians into non-believers. Thus, how could the Jews envisage their redemption while at the same time being held to account for their “faults” by Christians? At Vézelay, under the likely influence of Pierre de Montboissier, also known as “The Venerable,” the sheer ambivalence of the Romanesque images is reflected in the stonework. If the communal dimension characterizes the Middle Ages, when oratores, laboratores, and bellatores constituted three groups that assured the cohesion of medieval society, individuality is not absent from social interaction. This explains why the future abbot of Cluny, on inviting the Jews along with the other peoples of the Earth, asserts that the Universal Church will guarantee their redemption if they undertake their conversion like all other pagans. As this paper reveals, there are many clues at Vézelay that bear witness to this oscillation between condemnation and conversion.

 

 

Le statut accordé aux Juifs constitue l’un des plus importants enjeux du programme iconographique de l’ancienne abbatiale Sainte-Marie-Madeleine à Vézelay. Nous montrerons que, de façon singulière, les images sculptées mettent en scène une conception rédemptrice du peuple d’Israël au même titre que tous ceux que le monde chrétien occidental du début du XIIe siècle jugeait comme des infidèles. En effet, en Occident, c’est alors une conception de l’altérité qui place l’étrangeté dans tout ce qui n’est pas chrétien. Ainsi, comment les Juifs peuvent-ils à la fois envisager leur Salut et dans le même temps être comptables des « fautes » que selon le christianisme, ils ont commises ? C’est toute l’ambivalence des images romanes qui est mise au service d’un propos qui, à Vézelay, sous l’influence probable de Pierre de Montboissier, dit « Le Vénérable », prend forme dans la pierre. Si la dimension communautaire fait la force du Moyen Âge, lorsque oratores, laboratores et bellatores constituaient les trois groupes assurant la cohésion de la société médiévale, l’individualité n’est pour autant pas absente du jeu social. C’est la raison pour laquelle, le futur abbé de Cluny, invitant les Juifs aux côtés des autres peuples de la Terre, explique que l’Eglise Universelle assurera leur rédemption s’ils entreprennent leur conversion comme tous les païens. Les indices sont nombreux à Vézelay montrant cette oscillation entre condamnation et conversion.

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Veröffentlicht

2013-05-26